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Mardi 17 Mai 2016

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Yopougon: 1er et 2ème ponts, le nouvel eldorado des braqueurs
Les 1er et le 2ème ponts à Yopougon (en venant d’Adjamé) sont, depuis quelques mois, le nouvel eldorado des braqueurs. Il ne se passe pas de jour sans que des usagers de la route, des automobilistes ou leurs passagers, et des piétons ne soient victimes d’agressions, de vols d’argent et d’autres biens personnels (téléphones portables, ordinateurs, sacs à main...). Ces bandits sévissent généralement aux heures de pointe, notamment en début de soirée, à partir de 18h. Au premier pont, après leur forfait, ils se réfugient dans la pénombre du jardin public ou dans les bidonvilles d’Andokoi village.
Au 2ème pont, les bandits commettent leur forfait à partir de la montée dudit pont au carrefour Siporex. Et se cachent dans la broussaille ou dans le caniveau qui jouxte la clôture du Lycée professionnel de Yopougon.
Au 1er pont, les braquages sont également commis dès la montée de ce pont, au carrefour Sable. Les témoignages des victimes sont récurrents. «Le mois dernier, il était environ 19h. Je rentrais du boulot. J’ai emprunté un taxi intercommunal au Plateau. Lorsque le chauffeur de ce taxi a amorcé le virage du 2ème pont, trois jeunes armés de couteaux ont fait irruption sur cette voie embouteillée. Avec un sang-froid déconcertant, ils ont fait descendre tous les passagers et les ont dépouillés. Au vu et au su des autres automobilistes qui ont assisté, impuissants, à ce spectacle désolant. Moi-même, j’ai tout perdu. Mon ordinateur, 50.000 Fcfa, mon téléphone portable que je venais d’acheter à 85.000 Fcfa». Ce témoignage est celui de dame Gisèle Kouassi, informaticienne dans une administration publique au Plateau. Autre témoignage, celui de Romain Yapi, enseignant, qui rentrait chez lui à Yopougon, le 3 mai dernier, à bord de son véhicule. Son malheur, c’était d’être là, au mauvais endroit et à la mauvaise heure (19h30mn), au premier pont. Distrait par un vendeur ambulant qui vantait les qualités sur sa marchandise, il est surpris par un individu qui pointe son revolver à sa tempe et lui ordonne de donner tout ce qu’il a en sa possession. En moins de 5 secondes, le quidam le dépouille et prend la fuite avec son butin (des téléphones portables et 200.000 Fcfa). «On m’a toujours raconté cela, mais c’est maintenant que je réalise que nous sommes en danger», confie-t-il.
Le 9 mai dernier, c’est votre serviteur qui a été témoin de cette insécurité criante. Le taxi-intercommunal emprunté à Cocody pour Yopougon est attaqué à la montée du 2ème pont, à 20h30mn. Un piéton insoupçonné tente d’ouvrir violemment une des portières du véhicule, heureusement hermétiquement fermée. La chance des passagers, c’est que toutes les vitres étaient montées. Ayant échoué dans sa tentative, le malfrat a préféré prendre la poudre d’escampette.
Tous les regards se tournent vers les commerçants ambulants de ces deux ponts, soupçonnés d’être complices ou acteurs directs de ces braquages.
Tous unanimes, chauffeurs de gbakas et de wôrô-wôrô, commerçants qui tiennent des magasins à proximité de ces deux ponts estiment que tous ces vendeurs et vendeuses ambulants de sachets d’eau, de petits colas, de lotus… qui occupent la chaussée de ces deux ponts sont de mèche avec ces bandits. Souvent, affirment-ils, ils sont des commerçants ambulants le jour et des brigands, la nuit. «Nous qui exerçons ce métier depuis des années, nous les connaissons parfaitement. Nous savons qui est qui et qui fait quoi. C’est pourquoi nous recommandons à nos passagers de fermer à double tour les portières et de monter les vitres. Des passagers s’entêtent, ils veulent être comme Saint Thomas. Mais c’est à leurs risques et périls», fait remarquer Paulin T., un chauffeur de taxi intercommunal qui assure la ligne Yopougon-Koumassi. Pour des commerçants ambulants interrogés, ce sont des accusations gratuites, sans fondement.
Quant aux forces de l’ordre, postées aux deux carrefours des deux ponts (Sable et Siporex), elles ne s’aventurent jamais dans ces endroits à risques. Certains agents se défendent. «Nous savons que ce sont des zones dangereuses. Mais nous n’avons pas d’armes pour agir. C’est pourquoi nous refusons de prendre des risques. Ce serait suicidaire pour nous d’y aller. Nous préférons voir sans voir, regarder et ne rien dire. C’est mieux. Il y a des policiers qui sont armés, d’autres ne le sont pas. On ne peut pas faire de miracle», soutient, amer, un sous-officier de police du commissariat du 16ème arrondissement de Yopougon, sous le couvert de l’anonymat.


Une enquête express de Charles Bédé
 

 

 

 

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